Marinier veut trouver des solutions


le jeudi 19 février 1998

Inondations

Marinier veut trouver des solutions

Lac-Kénogami – «Il faut arrêter de se lamenter, a lancé Gilles Marinier, car juillet 96 risque de se reproduire. Il faut construire une solution qui va vous protéger.»

L’ancien membre de la Commission Nicolet voulait ainsi inviter la demi-douzaine de personnes qui revenaient sans cesse au micro pour trouver des responsables au désastre de juillet 96, dans le cadre de la deuxième soirée de consultation que tient le Comité de gestion du lac Kénogami, à regarder vers l’avenir.

Car comme on avait pu le constater la veille à Laterrière, plusieurs sinistrés ont conservé de la méfiance envers les gestionnaires de barrages et l’idée d’en construire de nouveaux en amont du lac Kénogami, pour laminer les crues maximales probables et assurer un approvisionnement en eau au lac pendant les périodes de sécheresse, fait craindre à plusieurs.

Le statu quo inacceptable

Après l’exposé de l’ingénieur Marinier, démontrant que ne rien faire est la pire des solutions en raison des caractéristiques spéciales du lac Kénogami et de son bassin qui en font un ensemble favorisant les fortes crues, le sous-ministre Georges Beauchemin, responsable de la reconstruction, a inventorié les solutions disponibles.

Dans sa démonstration, le commissaire Marinier a comparé le lac Kénogami à une gouttière le long d’un toit de tôle qui collecte avec une grande efficacité toute l’eau qui y coule. Ainsi, la forme rectangulaire du lac-réservoir Kénogami, dans lequel se jettent plusieurs rivières perpendiculaires, est l’une des moins souhaitables pour favoriser une rapide évacuation puisque l’eau arrive de plusieurs endroits et ne sort que sur un bout.

Ajoutez à cela une pente de terrain très raide, qui favorise un ruissellement rapide, et une région très montagneuse, dans la réserve faunique des Laurentides, qui favorise la formation de nuages quelle que soit la provenance des vents, et vous avec tous les ingrédients pour un déluge.

Cela dit, le sous-ministre Beauchemin a abordé les différentes solutions proposées par la firme d’ingénieurs-conseils Genivel/BPR/Tecsult pour conclure que des ouvrages de retenue en amont sont la meilleure solution, et que les coûts de construction pourraient être rentabilisés par l’aménagement de centrales hydroélectriques.

Stratégie

Toutefois, c’est l’idée de rentabiliser la construction de ces ouvrages qui a semblé irriter quelques uns des 70 participants à l’assemble d’hier soir à Lac-Kénogami.

Pour un, Réjean Lafrance a suggéré aux membres du comité de gestion de songer à aménager les bassins dont on a besoin et de penser à y aménager des turbines plus tard. «La priorité, c’est la sécurité des gens. L’aspect économique viendra plus tard», a-t-il mentionné.

L’ancien candidat libéral fédéral dans Jonquière, Gilles Savard, a soulevé quelques points que les membres du comité ont promis d’étudier, comme l’impact de la coupe à blanc dans le parc des Laurentides sur le ruissellement des eaux de pluie, mais a soulevé l’ire du commissaire Marinier lorsqu’il a demandé qu’on réalise de nouvelles études pour pousser plus à fond les solutions qui sont apparues comme irréalistes, comme le creusage d’un tunnel de 17 kilomètres entre le lac Kénogami et le Saguenay passant sous Jonquière, ou encore d’un évacuateur de crue en béton de 150 mètres de large à la place du ruisseau Deschênes.

Gilles Savard dit qu’il s’est senti manipulé par le comité dont l’exposé en arrive à une seule solution, celle de construire des ouvrages en amont, et s’est indigné de voir un représentant du ministère de l’Environnement et de la Faune assis à la table.

Il a également demandé aux membres du comité de montrer patte blanche en prouvant qu’ils ne sont pas manipulés par le MEF de qui ils tiennent leur mandat.

Monique Hubert, une citoyenne qui a dit parler au nom du gros bon sens, a pour sa part voulu faire baisser la pression en disant qu’elle ne se sentait nullement manipulée et qu’à la lumière de l’exposé scientifique qui venait d’être fait, elle faisait confiance aux membres du comité pour trouver la meilleure solution.

«J’ai fait 37 ans de syndicalisme et lorsqu’on offrait une solution, on nous ne demandait plusieurs et lorsqu’on en présentait plus d’une, on disait qu’on n’avait pas voulu se mouiller en faisant une recommandation», a-t-elle résumé, sous les applaudissements nourris.

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