Mère nature à la rescousse de Françoise Gauthier !


le Lundi 8 Mai 2006

lac Kénogami
Mère nature à la rescousse de Françoise Gauthier !

Chicoutimi (BT) -Chaque printemps, le beau et grand lac Kénogami redevient menaçant. La fonte des neiges et des glaces emmagasinées dans la Réserve faunique des Laurentides, depuis novembre, déverse alors ses milliards de litres d’eau dans le lac-réservoir.
Dans une opération préventive, les techniciens du système de stabilisation de l’immense bassin hydrographique ouvrent prudemment les pelles du Portage-des-Roches, car le plan d’eau s’élève rapidement. Son niveau réjouirait les estivants les plus exigeants. Mais pour éviter le trop plein, le mécanisme libère le plus rapidement possible cette eau qui dormait dans nos montagnes. Les rivières aux Sables et Chicoutimi gonflent alors dangereusement.
Les citoyens de Laterrière et de Jonquière, frappés par les effets du retour de la chaleur printanière, poussent toujours un soupir de soulagement quand la nature retrouve sa sérénité. Elle s’est montrée bien maternelle, cette redoutable Mère nature, cette année, en éliminant, tôt en mars, dans un redoux prolongé, les montagnes de neige accumulée partout sur le territoire. C’est comme si elle avait voulu accorder un répit à la ministre Françoise Gauthier, et à son gouvernement libéral, qui retardent l’application de leur plan B, celui qui doit remplacer le projet péquiste.

Recommandation

Voulant répondre à la principale recommandation de la Commission Nicolet, le dernier gouvernement Bouchard avait préconisé une solution définitive au problème qui persiste depuis l’exploitation industrielle, entreprise en 1924, de ce bassin hydrographique. Soit, la construction d’un réservoir de rétention sur la rivière Pikauba et la modernisation des ouvrages de protection autour du lac Kénogami.
Maître d’œuvre, Hydro-Québec prévoyait y consacrer 170,2 millions $. L’autorité politique a informé la population de sa décision, dans une conférence de presse donnée le 11 juin 2000. Les travaux devaient se terminer en 2005.
Le BAPE (Bureau des audiences publiques sur l’Environnement) a ratifié cette option, après l’élection des libéraux de Jean Charest. «Le projet Pikauba est beaucoup trop cher», opposa la ministre Françoise Gauthier, tout en reprochant au gouvernement précédent d’avoir négligé de l’inscrire dans ses prévisions budgétaires. «L’enveloppe qu’on nous a laissée ne contenait que de l’argent de Monopoly», avait-elle dit en ricanant.

Un silence inquiétant

Mais la leader politique régionale n’abandonnait pas les riverains à leurs angoisses. «Notre solution, c’est le creusage de la rivière au Sable», une modification qui quintuplerait, selon les ingénieurs, la capacité d’évacuation du lac Kénogami. Mais les travaux retardent. Le gouvernement paraît s’appliquer davantage à mieux gérer les ennuis causés par une répétition possible de l’ été trop sec de l’an dernier qu’à sécuriser les riverains.
L’ouvrage de remplacement coûterait quelque 13,6 millions $. «Nous attendons l’autorisation du Conseil du trésor, expliquait la député-ministre de Jonquière, à sa dernière présence au Cercle de presse, en novembre dernier. Je le rappelle constamment à Pierre Corbeil, mon voisin de banquette à l’ Assemblée nationale.» Nouveau titulaire des Ressources naturelles, il est responsable du dossier.
Tout comme les riverains, le conseiller représentant le territoire de l’ancienne municipalité de Lac- Kénogami, Paul-Roger Cantin, attend impatiemment que Québec donne le feu vert. Depuis l’arrêt du chantier qu’Hydro-Québec avait entrepris pour répondre à la volonté de l’État, tout le monde attend en implorant la clémence du Ciel.
Certes, le plan B libéral ne servira pas aussi adéquatement toutes les clientèles du lac Kénogami que le projet péquiste. Mais il respectera la recommandation essentielle des Commissions Nicolet et du BAPE, en prévenant les inondations majeures qui se manifestent à tous les quatre ans.
Le ministère des Ressources naturelles en dénombre 21 depuis que des intérêts économiques ont transformé le lac Kénogami en réservoir.
Au cours des trois dernières années, la ministre Françoise Gauthier et le gouvernement Charest ont pris de fort heureuses initiatives à l’avantage d’une région acquise aux péquistes depuis l’ère René Lévesque. Mais ils ont malheureusement renversé l’ordre des priorités. Le plan B du lac Kénogami aurait dû figurer en tête de liste. Il ne faudrait pas attendre une nouvelle catastrophe avant d’agir.

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