« Irresponsable », soutient le député Stéphane Bédard
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le mercredi 6 octobre 2004
Projet retardé sur la Pikauba
« Irresponsable », soutient le député Stéphane Bédard
Sherbrooke – « Nous tiendrons Françoise Gauthier comme directement responsable s’il arrive un drame. »
Présentement à Sherbrooke afin de participer au caucus de son parti, le député de Chicoutimi à l’Assemblée nationale, Stéphane Bédard, ne digère pas les propos de son homologue de Jonquière, Françoise Gauthier, qui s’est attaquée à la gestion du Parti québécois pour expliquer les retards concernant le projet de la rivière Pikauba. Cette dernière a en effet rapporté que les fonds réservés par le PQ pour ledit projet n’étaient constitués que d’argent de « Monopoly ».
« Un seul mot me vient en tête lorsque je songe à ce gouvernement : irresponsable. Mme Gauthier, après deux ans, ne comprend toujours pas le fonctionnement du gouvernement. Le problème, ce n’est pas l’argent. C’est plutôt l’amateurisme dont fait preuve la députée.
« Madame n’est pas capable de défendre ses dossiers. Madame ne s’est pas battue, elle s’est écrasée. Elle s’est fait passer un sapin par ses collègues et ne s’en est même pas rendu compte », lance d’un trait Stéphane Bédard.
Le député de Chicoutimi signale qu’au-delà des importantes retombées économiques liées au projet, la région se voit également amputée d’un élément essentiel à sa sécurité, en cas de pluies diluviennes.
« C’est un dossier qui assure la sécurité de notre population. Voilà sa principale raison d’être. L’an dernier, nous avons jugé catastrophique la performance de Françoise Gauthier et cette année, elle s’organise pour faire encore pire », tranche-t-il.
Dans le brouillard
L’un des principaux artisans du dossier de régularisation des eaux du lac Kénogami, l’ancien ministre Jacques Brassard, abonde d’ailleurs dans le même sens. Ce dernier estime en ce sens que les libéraux jouent actuellement avec le feu en négligeant le projet de la Pikauba.
« Le gouvernement prend des risques. Qui nous dit que dans deux ans, dans cinq ans, nous ne serons pas victimes d’un sinistre aux envergures similaires (à celui du déluge de 1996)? Je décode que l’on n’a pas repoussé le projet, mais qu’on l’a bel et bien mis au rancart. (…) Comme il s’agit d’un dossier qui touche des gens, je considère que oui, cette décision comporte une part d’irresponsabilité », exprime l’ex-député de Lac-Saint-Jean.
Il ajoute que la théorie selon laquelle il n’y a pas d’argent dans les coffres du gouvernement ne tient pas la route pour justifier le report du projet d’aménagement.
« Le conseil des ministres au sein duquel j’oeuvrais avait approuvé qu’Hydro-Québec finance le projet et que le service de la dette soit assumé par le gouvernement. Bien sûr, il n’y a pas de ressources financières à Québec pour un tel aménagement tant que le projet n’est pas lancé concrètement. On parle ici d’un investissement global de quelque 200 millions $.
« La solution adoptée par notre administration a été de confier le mandat à Hydro-Québec, qui possède toute l’expertise nécessaire pour ce genre de dossier. Or, des ouvrages de cette dimension se financent toujours par emprunt. Mme Gauthier est dans le brouillard total. Elle n’a toujours pas compris comment fonctionne un gouvernement », appuie Jacques Brassard.