Pas besoin d’un niveau d’eau à 113,5 pieds


le mercredi 23 juin 2004

Des riverains du lac Kénogami en rogne

Pas besoin d’un niveau d’eau à 113,5 pieds

Lac-Kénogami – Alors que certains exigent que le lac Kénogami soit maintenu à son plus haut niveau dans le but de favoriser les sports nautiques, les riverains habitant le secteur de la digue Ouiqui, près d’Hébertville, espèrent plutôt qu’il soit revu à la baisse.

Selon Louise Accolas, qui réside en permanence dans ce secteur, il est inconcevable que le niveau de l’eau soit présentement maintenu à son seuil maximal de 113,5 pieds. Louise Accolas soutient que depuis qu’elle a élu domicile aux abords du lac Kénogami, en 1998, le niveau n’a jamais cessé de croître, été après été, détériorant du même coup son environnement.

Ce qui était auparavant une plage de sable fin est aujourd’hui entièrement enfoui sous l’eau, le décor n’étant que débris et érosion.

« Il est primordial que l’on statue sur le niveau exact à lequel sera maintenu le lac. Il faut que le ministère prenne une décision claire en ce qui concerne le projet de la (rivière) Pikauba, ne serait-ce que pour notre sécurité, l’embellissement du secteur ou la protection de nos berges », plaide-t-elle.

Un sol sablonneux

Il faut comprendre que la zone sur laquelle s’élève la résidence de Louise Accolas et son conjoint, Pierre Gauthier, se démarque par son sol sablonneux. L’érosion étant ainsi grandement favorisée, on remarque déjà de nombreux glissements de terrain à cet endroit.

C’est d’ailleurs l’un des points avancés par les citoyens du secteur, l’an dernier, lors des audiences publiques concernant le projet de réservoir de soupape sur la rivière Pikauba, dans la Réserve faunique des Laurentides.

« Pourquoi le projet Pikauba tarde tant à être enclenché », questionne la résidente en sommant le gouvernement d’aller de l’avant.

Il faut comprendre qu’en donnant son aval au projet, le ministre de l’Environnement, Thomas J. Mulcair, assurerait la régularisation des crues du bassin versant du lac Kénogami. Notons qu’en novembre dernier, les commissaires du Bureau des audiences publiques en environnement (BAPE) ont convenu qu’il s’agit là de la seule option permettant de solutionner les problèmes de variations dont sont victimes les résidents du lac Kénogami.

« Nos terrains sont détruits »

En attendant les décisions ministérielles, les résidents de l’endroit n’hésitent pas à réclamer le respect des amateurs de sports nautiques, majoritairement installés dans les environs de Jonquière.

Un second habitant du secteur, Jean-Claude Royer, raconte en ce sens que lorsqu’il a acheté sa résidence, il disposait d’une plage d’une vingtaine de pieds. Comme Louise Accolas et Pierre Gauthier, il déplore l’état actuel de ses berges.

« Il faut faire un choix, dit-il. Il me semble que l’environnement passe avant les gros bateaux. Il y a un bout à briser la nature. Les propriétaires de ces embarcations devraient soit s’en acheter de plus petites, soit commencer à considérer qu’on existe nous aussi. »

Pour assurer la sécurité de ses petits-enfants, qui seront en visite dans la région prochainement, l’homme originaire de Drummondville a dû enrocher temporairement la descente menant à son quai. Une méthode qui n’a rien de très esthétique, convient-il.

« On met toutes sortes de cochonneries pour couper les vagues et protéger nos terrains, ajoute-t-il. Je sais que le niveau permis est de 13,5 mètres, mais sont-ils obligés de tenir ça au maximum? »

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