Les nouveaux barrages font consensus


le jeudi 2 avril 1998

Lac Kénogami

Les nouveaux barrages font consensus

Le comité provisoire du lac réservoir Kénogami et des rivières Chicoutimi et aux Sables recommande au ministre Paul Bégin l’aménagement de réservoirs dans la Réserve faunique des Laurentides, pour éviter la répétition des événements de juillet 96.

Comme il l’avait clairement laissé entendre lors des soirées d’informations publiques tenues en février, le comité juge que la seule façon économique et réaliste, sur le plan technique, pour éviter le débordement du lac réservoir Kénogami en cas de crue maximale probable est de retenir l’eau à la source (en amont) en aménageant d’immenses réservoirs.

Accessoirement, ces réservoirs vont résoudre une fois pour toutes les problèmes de gestion estivale du lac en permettant de l’alimenter en période de sécheresse et éviter que certains riverains pataugent dans la boue dès le début du mois d’août.

Selon le président du comité, Paul Ruel, il est clair que cette solution fait consensus parmi toutes les personnes qui ont été consultées. En fait, les seules craintes émises au cours de ces séances avaient trait au projet d’aménagement de centrales hydroélectriques sur ces réservoirs et il en a tenu compte.

Etudes

Dans la lettre qu’il a envoyée mardi au ministre de l’Environnement et de la Faune, le comité provisoire demande tout d’abord la réalisation de deux études, une de faisabilité et l’autre d’impacts environnementaux. Pour cette première étape, la production d’électricité n’est étudiée que comme une hypothèse.

«Il ne faut pas, explique Paul Ruel, que la réalisation de ces ouvrages soit soumise à la rentabilité des projets d’électricité. La production électrique doit venir après, s’il y a lieu, une fois qu’on aura assuré la sécurité de la population.»

Deux variantes

Le comité provisoire demande aux ministre que l’étude de faisabilité porte sur deux variantes pour l’aménagement des réservoirs dans le parc. La variante E, celle qui présentait le meilleur rapport coûts/sécurité selon l’étude de Génivel-BPR-Tecsult, et la variante H, la plus coûteuse mais aussi la plus sécuritaire.

La variante E prévoit l’aménagement de deux réservoirs dans le parc, au coût estimé de 80 millions $. L’immense réservoir RE-1 d’une capacité de 450 millions de mètres-cubes serait construit sur la rivière aux Ecorces et le RC-1, plus petit avec ses 225 millions de m3, sur la rivière Pikauba.

La variante H, qui coûterait 140 millions $, ajoute aux réservoirs RE-1 et RC-1 les réservoirs RCY-1, un tout petit bassin de 85 millions de m3 sur la rivière Cyriac et le RP-1, un autre petit réservoir de 67 millions de m3 sur la Petite Pikauba.

Au départ, le comité n’était pas tellement favorable à la variante H car pour presque le double du prix, les gains n’étaient pas énormes.

Néanmoins, le comité demande au ministre d’étudier quand même les deux hypothèses pour ensuite prendre une décision plus éclairée.

«Il ne faut pas oublier que selon la variante E, il nous reste à gérer un débit de 1450 mètres-cubes à la seconde dans le lacKénogami en cas de crue maximale probable d’été/automne» note Paul Ruel. C’est moins que juillet 96, alors que les apports dans le lac furent de 2780 m3/s, mais ce serait suffisant pour causer quelques dommages aux riverains.

Selon la variante H, il ne resterait plus qu’à évacuer 850 mètres-cubes à la seconde, soit l’équivalent d’un événement centennal mineur.

«Par cette demande, nous voulons évaluer le niveau de risque que nous sommes prêts à accepter et le prix que nous voulons payer pour l’atteindre», explique Paul Ruel. Selon ce dernier, garantir la parfaite sécurité coûte beaucoup plus cher et si le consultant a retenu, au départ, la variante E, c’est que pour un événement comparable au déluge de 96 (qui est deux fois plus petit que la crue maximale probable), on se serait retrouvé avec un débit de 800 m3/s à partager entre les rivières Chicoutimi et aux Sables. Personne n’aurait rien vu.

«Peut-on accepter de se prémunir contre un événement comparable à juillet 96 ou faut-il prévoir la crue maximale probable? C’est ce que nous aurons à décider à la lumière des études d’impacts et de faisabilité», conclut Paul Ruel, ajoutant que l’amélioration de la sécurité des populations doit être le critère prépondérant dans la sélection de la variante.

Prolongation de mandat

Parallèlement, le comité a demandé au ministre de prolonger, jusqu’en 2002, son mandat qui prenait fin hier soir.

Et ce, pour lui permettre de mener à terme sa réflexion sur les solutions permanentes à la gestion du réservoir, d’assurer le suivi de ses recommandations et de faire la transition avec le futur comité permanent de gestion.

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