Elkem doit repenser ses opérations
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le mercredi 19 novembre 2003
Projet de barrage sur la rivière Pikauba
Elkem doit repenser ses opérations
La suggestion du Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE), à l’effet de réduire le volume du réservoir en vue de la construction du barrage Pikauba, oblige la compagnie Elkem à revoir sa copie.
Le temps de refaire ses calculs, cette entreprise doit interrompre les négociations avec le gouvernement du Québec, à propos de l’alimentation en eau du barrage qu’elle opère sur la rivière Chicoutimi.
« Le rapport du BAPE nous amène à avoir d’autres discussions, confirme Pierre Gauthier, directeur général de l’usine Elkem de l’arrondissement Chicoutimi, à Saguenay. Nous devons déterminer si le barrage (Pikauba) constituera ou non un avantage pour nous, ce qui nécessite l’embauche de spécialistes capables de procéder par modèles. »
Comme ça va prendre quelques semaines, voire quelques mois, pour compléter ces études, il juge peu probable que les échanges avec le ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs reprennent avant 2004. L’objectif des parties consiste à renouveler le bail régissant l’exploitation de la rivière Chicoutimi et elles ont jusqu’en 2005 pour ce faire, soit à la fin du présent contrat, étalé sur 50 ans.
« Ce processus est lourd, mais jusqu’à maintenant, ça va bien. Dans ce genre de dossier, il faut se prendre d’avance en raison de la Loi sur la sécurité des barrages, qui impose des conditions particulières en ce qui touche l’entretien. Les suites du déluge ont aussi entraîné des discussions sur de nouveaux projets », explique Pierre Gauthier, qui précise que le nouveau bail couvrira une période de 20 ans.
Compenser les pertes
Tel que soumis par Hydro-Québec, le projet de construction du barrage Pikauba prévoyait un niveau de 417,5 mètres pour le réservoir. S’appuyant sur ces données, les premiers modèles concoctés à la demande d’Elkem laissaient entrevoir des gains de productivité oscillant entre 4% et 5%, ce qui permettait de compenser pour les nouvelles exigences relatives au lac Kénogami.
La perspective de maintenir le niveau de ce plan d’eau à 114 pieds jusqu’à l’automne (débutant le 15 juin, cette période faste pour les villégiateurs se poursuivrait jusqu’en septembre et possiblement en octobre) entraînera des pertes d’énergie hydro-électrique pour la compagnie, en effet, d’où l’intérêt suscité par le projet Pikauba.
« Est-ce que l’eau qui se trouvera en haut (dans le réservoir Pikauba) va combler ça? En ce moment, nous n’avons pas la réponse à cette question, mais ce qui est certain, c’est que plus on gère le lac haut, plus il y a des pertes », fait observer Pierre Gauthier, qui attend aussi de voir si le gouvernement du Québec adoptera les recommandations du BAPE, ce qui ajoutera une autre pièce au casse-tête.