Les riverains montrent de l’impatience


le jeudi 19 avril 2001

Les riverains montrent de l’impatience

Larouche – Le fait qu’il faudra au moins cinq ans encore avant que la gestion du niveau du lac Kénogami se fasse à la cote souhaitable de 114 pieds ne fait qu’amplifier la frustration des riverains de ce plan d’eau qui en ont assez de vivre dans l’incertitude, particulièrement depuis le déluge de 1996.

La question du niveau de l’eau de ce lac-réservoir a été au centre des préoccupations exprimées par la cinquantaine de riverains qui participaient, hier soir, à Larouche, à une assemblée d’information sur les résultats d’une étude réalisée par les spécialistes du ministère de l’Environnement. Ils ont pu également prendre connaissance des solutions que la Zone d’intervention prioritaire (ZIP) Alma-Jonquière propose pour améliorer la bande riveraine dans les secteurs plus stratégiques du lac Kénogami.

Comme l’a rappelé Maurice Dumas, de la direction régionale du ministère de l’Environnement, l’étude entreprise en 1999 sur la situation des rives et du littoral du lac Kénogami tend à démontrer que ce réservoir d’eau devrait être maintenu à un niveau souhaitable de 114 pieds, au cours de la période s’étendant de la Saint-Jean-Baptiste à la Fête du travail, tandis que son trop-plein ne devrait pas dépasser les 123,25 pieds au moment d’une crue maximale probable (CMP). Pour arriver à gérer ce lac-réservoir à ce niveau souhaitable, il faudra ériger les deux barrages projetés sur la rivière Chicoutimi et creuser dans la rivière aux Sables de façon à permettre des débits pouvant atteindre 650 mètres cubes à la seconde.

Pour en arriver là, ça suppose, selon Dumas, des audiences publiques qui, si tout fonctionne allègrement, pourraient se tenir au plus tard en 2003. « Dès lors, on pourrait s’attendre à compléter les ouvrages pour 2005 et être en mesure de gérer le niveau du lacKénogami à 114 pieds à partir de juin 2006 », dit-il en substance.

Indignation

Cette précision n’a pas manqué de soulever l’indignation de quelques riverains qui ont admis bien candidement qu’ils s’attendaient à ce que le programme relatif à la cote de 114 pieds soit en place dès l’été qui vient. « Ne nous arrivez pas avec des plans qui ne seront appliqués que dans 10 ans, ça ne nous intéresse pas », a lancé un riverain plutôt déçu par la lourdeur du processus de mise en application d’un pareil programme de gestion.

Le fait qu’on estime à près de 124 pieds la cote maximale lors d’une CMP inquiète aussi bien des riverains. Une dame a clairement traduit ce sentiment lorsqu’elle a mentionné qu’au moment où le niveau du lac était monté jusqu’à 121,3 pieds, il y avait eu quatre pieds d’eau dans sa résidence d’été. Cette même personne trouve d’ailleurs tout à fait inconséquent le fait que le maire de la municipalité de Lac-Kénogami parle de remonter la cote de ce lac-réservoir. C’est ce qui a fait dire au porte-parole régional du ministère de l’Environnement qu’en désert on risque la panne d’essence et qu’en bordure d’un plan d’eau, l’inondation est toujours possible, peu importe les aménagements visant à la contrer.

Néanmoins, une chose est certaine, selon Maurice Dumas: avec les aménagements qu’on propose, une pluie diluvienne ne ferait jamais autant de dégâts qu’en juillet 1996.

Solutions

De leur côté, Maude Lecours et Guylaine St-Pierre, de la ZIP Alma-Jonquière, ont soumis différentes avenues de solution pour améliorer l’état actuel de la bande riveraine du lac Kénogami.

C’est à partir d’une étude menée sur les lieux que ces deux femmes proposent certains modèles d’intervention qui sont non seulement simples d’application, mais surtout le moins coûteuses possibles. Elles parlent surtout de revégétaliser les berges dont la base serait enrochée. Par contre, elles ne recommandent pas le nettoyage du littoral en profondeur, principalement en raison de coûts astronomiques s’y rattachant.

Dès cette année, si tout se passe comme prévu en matière d’aide gouvernementale, une soixantaine de riverains pourraient recevoir une subvention (jusqu’à 70 pour cent des frais rattachés à la plantation d’arbres) en participant à ce programme de revégétalisation des berges préparé par les gens de la ZIP Alma-Jonquière. « Peu importe le niveau du lac Kénogami, si certains aménagements que nous recommandons en matière de revégétalisation des berges ne sont pas faits à court terme, le programme proposé par le ministère de l’Environnement ne donnera rien », a mentionné Maude Lecours, insistant sur l’importance de ne pas attendre à 2006 pour commencer.

Enfin, Guylaine St-Pierre a avoué sa surprise de voir l’intérêt manifesté par les riverains du secteur de Larouche pour le programme de revégétalisation proposé par la ZIP.

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