La direction d’Elkem Métal trouve le temps long


le Dimanche 14 janvier 2007

Bail hydraulique de la rivière Chicoutimi

La direction d’Elkem Métal trouve le temps long

CHICOUTIMI – Plus d’un an après son échéance, le bail d’allocation hydraulique d’Elkem Métal pour la rivière Chicoutimi n’a toujours pas été renouvelé. Et sans bail, il ne peut être question d’investissement de la part de la maison-mère.

Sans nécessairement s’impatienter, le directeur général d’Elkem Métal à Chicoutimi espère que les négociations reprendront bientôt avec le ministère des Ressources naturelles (MRN). « C’est une priorité d’avoir un bail, si on pense à faire des investissements majeurs. Si demain matin je veux faire des investissements, Elkem en Norvège n’approuvera pas sans bail signé », indique Pierre Gauthier.

La dernière rencontre de négos a eu lieu en octobre dernier. Étaient aussi présents des représentants d’Abitibi-Consolidated et de la ville de Saguenay. Selon le porte-parole du ministre Pierre Corbeil, Mathieu St-Amant, le processus suit son cours. « Il a été convenu qu’ils devaient nous livrer différents documents. On attend ça vers la fin janvier », précise l’attaché de presse.

Le bail initial d’une durée de 50 ans a pris fin le 31 décembre 2005. « Les conditions du bail continuent de s’appliquer comme telles », commence par expliquer Pierre Gauthier. Mais les négociations comprennent maintenant une nouvelle donnée majeure, soit l’entente de gestion intervenue l’été dernier qui garantit un niveau minimum de 163,5 mètres pour le lac Kénogami. Une entente qui coûterait cher à la compagnie. « La question de la gestion du lac retardait tout. L’entente est très très négative pour nous puisqu’on doit maintenir le niveau du lac jusqu’au 21 septembre. Par la suite, on a jeté de l’eau tout le reste de l’automne. En maintenant le niveau du lac, on n’avait plus d’espace pour les pluies d’automne. C’est de la génération d’électricité qu’on n’a pas faite », poursuit-il. L’entente de gestion a forcé Elkem à réduire son apport en eau sur la rivière Chicoutimi à 30 mètres-cubes par seconde plutôt que les 42,5 que lui permettaient les conditions du bail.

Le directeur général ne peut chiffrer pour l’instant les pertes qu’il estime avoir encourues. Il attend de terminer son analyse avant d’avancer des chiffres. Mais il entend définitivement en tenir compte lorsque les négociations reprendront. « On veut regarder les façons d’être compensé », ajoute-t-il.

APLK

Cette affirmation offusque cependant le président de l’Association pour la protection du lac Kénogami (APLK), Claude Collard. « Ils vont toujours brailler. Moi j’ai de la misère à pleurer pour eux. J’ai hâte de voir ce que le gouvernement va leur donner. J’espère que ce ne sera pas d’autres compensations », anticipe Claude Collard. Il reconnaît cependant que l’entreprise a perdu des revenus. « Oui à l’automne, je le concède. Mais ce fut pratiquement un déluge à l’automne. Mais je pense qu’ils ont une entente très acceptable », souligne le retraité du ministère des Transports.

Les négociations actuelles porteraient sur une durée de 25 ans et comme il s’agit d’une exploitation de moins de 50 MW le ministre des Ressources naturelles peut faire appliquer le bail par un simple décret. « On a le pouvoir de signer », indique Mathieu St-Amant. Le processus ne comprend donc pas d’étape de consultation publique.

 

 

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