Les riverains recherchent la qualité de vie


le vendredi 8 août 2003

Aménagement d’un barrage sur la Pikauba

Les riverains recherchent la qualité de vie

Pointés du doigt et comparés à des enfants gâtés, les riverains du lac Kénogami soutiennent ne pas vouloir changer la vocation de réservoir de leur plan d’eau en un lieu de villégiature, mais plutôt de retrouver la qualité de vie des premiers occupants que sont venus perturber les ouvrages des années 20.

Voilà le sens de l’intervention de l’Association de protection du lac Kénogami (APLK) faite hier, lors de la dernière journée des audiences publiques sur le Projet de régularisation des crues du bassin du lac Kénogami. Les travaux se tiennent sous l’autorité des gouvernements fédéral et provincial qui ont mis sur pied une Commission d’examen conjoint.

Louis Pilote et Yves Vaillancourt, les porte-parole de l’APLK, affirmant d’entrée de jeu qu’ils sont en faveur du projet de barrages sur la Pikauba, ont lancé leur intervention par quelques rappels historiques dans lesquels ils établissent que lac Kénogami était un lac bien avant d’être un réservoir et que la création de la paroisse de Saint-Cyriac, en 1889, peut en témoigner.

À preuve, a dit à un certain moment donné, Yves Vaillancourt, il y a des endroits de 300 pieds de profond dans le lac, si on enlève les 30 pieds apportés par les ouvrages de retenue, il en reste suffisamment pour croire qu’il s’agit d’un lac!

De vieilles demandes

Les riverains du lac ont été souvent critiqués par les environnementalistes de servir les intérêts des producteurs hydroélectriques en souhaitant des ouvrages de retenue sur la rivière Pikauba et un niveau autour de 114 pieds.

Louis Pilote réfère les détracteurs à un document vieux d’une vingtaine d’années dans lequel les propriétaires autour du lac Kénogami revendiquent sensiblement ce qui est présentement sur la table, notamment un niveau plus stable et une meilleure gestion. Il a fait savoir qu’il est difficile de développer quoi que ce soit quand le niveau fluctue de quatre pieds dans un été.

Dans leur rappel historique, les représentants de l’APLK ont mis en lumière la primauté des industries sur les occupants du secteur et ce, dès les années 20. À ce moment, disent-ils, « le lac Kénogami se voit dépouillé de toutes ses vocations historiques et est livré pieds et poings liés aux producteurs de papier et d’électricité ».

Ils en ont profité pour remettre dans l’actualité les compensations monétaires que les deux compagnies de Pulpe (Dubuc et Price) devaient verser pour l’utilisation des eaux. C’était de l’ordre de 23034 $, ajusté à 24642 $ en 1965.

L’APLK n’est pas sans ignorer les impacts environnementaux d’un barrage en amont, mais la sécurité de la population lui apparaît un impératif plus important.

Développement

D’autres résidents du lac Kénogami sont venus, à titre individuel, défendre le projet de barrages. C’est le cas de Paul-Roger Cantin et Guy Saint-Jean, tous deux héritiers de maison patrimoniale, du secteur Saint-Cyriac, qui appuient inconditionnellement la construction d’ouvrages de retenue.

« Non seulement, affirment-ils, le barrage permettra-t-il d’assurer la sécurité des résidents et des usagers du lac, mais il permettra également de maintenir un niveau contribuant à consolider le développement résidentiel amorcés ces dernières années et de donner un nouveau souffle au secteur. »

Pour sa part, un ancien ingénieur d’Alcan, Ross Tamblyn, a mis en doute la capacité du ministère de l’Environnement à gérer le lac Kénogami. Comme l’a fait Jean-Marie Beaulieu, conseiller municipal de Saguenay, il a souhaité qu’Hydro-Québec obtienne la responsabilité de gérer le lac.

La Commission d’examen conjoint quitte la région avec des dizaines de mémoires et dispose de 60 jours pour remettre son rapport au ministre de l’Environnement du Québec.

Hydro-Québec, a souhaité Alain Chamberland, chargé de projet, attend une réponse pour fin 2003 ou début 2004.

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