Le maire veut la centrale d’Elkem


le Vendredi 23 juin 2006

Le maire veut la centrale d’Elkem

Chicoutimi (LT) – Le maire de Saguenay Jean Tremblay croit toujours que la ville doit devenir propriétaire de la centrale hydroélectrique de 38 mégawatts appartenant à Elkem métal sur la rivière Chicoutimi avec l’allocation des pouvoirs hydrauliques associées à l’exploitation de l’ouvrage.
Le maire Jean Tremblay a déjà fait cette demande au ministre des Ressources naturelles Sam Hammad. Il réitère aujourd’hui cette demande puisque l’entreprise du chemin de la Réserve est en période de renégociation des forces hydrauliques de la rivière Chicoutimi pour produire de l’électricité. Selon Jean Tremblay, le gouvernement n’a pas à craindre la fermeture de l’usine et la disparition de 100 emplois qui pourraient découler d’une nationalisation de l’ouvrage.
« Elkem métal n’a qu’à s’approvisionner à même le réseau d’Hydro-Québec comme le font d’autres entreprises au Québec et ils vont survivre. Ils ne partiront pas de Chicoutimi. Les fonctionnaires du gouvernement craignent qu’ils partent mais nous ne le croyons pas. »
Le maire a fait ces déclarations au Quotidien après la tenue d’un point de presse sur les événements de juillet 1996. Il avait alors recommandé aux journalistes de poser des questions sur le fait qu’il en coûtait 111 000 $ par année pour chaque emploi chez Elkem métal. Les calculs en question ont été établis dans le cadre des discussions sur le renouvellement du bail pour la centrale d’Elkem métal. Ce sont les évaluations des revenus pour l’entreprise divisés par le nombre d’emplois.
Interrogé à savoir s’il était favorable à une forme d’expropriation ou de nationalisation de la centrale, le maire a répondu dans l’affirmative, ajoutant qu’il avait adressé cette demande au ministre Sam Hammad lorsque ce dernier occupait le poste de ministre des Ressources naturelles: « Il est important que je répète pour que les fonctionnaires sachent que nous pensons toujours la même chose. »
Hydro-Jonquière possède une seule centrale avec seulement 4 mégawatts. La centrale appartenant à Elkem métal, a enchaîné le maire, possède dix fois la puissance d’Hydro-Jonquière. En plus des revenus pour la municipalité, le maire croit qu’un changement de propriétaire permettrait d’améliorer la gestion du réservoir lac Kénogami et de satisfaire les riverains.

Prise de contrôle

Le Quotidien a effectué des vérifications sur une prise de contrôle éventuelle de la ville sur cette centrale. Une ville peut procéder à des expropriations de terrains et d’immeubles quand il y va de l’intérêt des citoyens pour des infrastructures publiques comme l’amélioration d’une route. Ces pouvoirs ne s’étendent pas à l’expropriation d’une centrale hydroélectrique.
Lors de la nationalisation de l’électricité, le gouvernement avait accordé des compensations financières aux compagnies propriétaires des barrages et des réseaux de distribution au Québec. Dans le présent cas, Québec serait obligé de compenser Elkem Métal pour prendre possession de la centrale et la transférer à la municipalité. Il a été impossible d’obtenir la valeur de cette centrale mais il faut rappeler que pour 4 mégawatts de puissance, Hydro-Jonquière a investi près de 6 M $. Il n’est pas démesuré de penser que la centrale d’Elkem métal a une valeur commerciale entre 60 et 100 M$.
Selon le maire Jean Tremblay, « le béton » n’a pas de valeur sans des pouvoirs hydrauliques accordés par le gouvernement. En ce moment, la centrale d’Elkem métal n’aurait pas une grande valeur puisque le bail de 50 ans accordé par le gouvernement de l’Union nationale de Maurice Duplessis est échu. La demande du maire auprès du gouvernement ne vise pas la centrale hydroélectrique d’Abitibi-Consolidated située dans le coeur du quartier du bassin.
Interrogé à savoir si les emplois chez Alcan étaient également « subventionnés » comme ceux d’Elkem métal, le maire de Saguenay a été plus prudent. Il a déclaré que dans le cas d’Alcan, ce n’était pas le même contexte. Au même titre qu’Elkem métal et Abitibi-Consolidated, Alcan produit de l’énergie sur le rivière Péribonka et au lac Saint-Jean avec des baux d’utilisation des forces hydrauliques.
En échange, la multinationale doit verser des compensations en fonction du prix de l’aluminium ainsi que procéder à la modernisation de ses usines. La seconde partie du bail de la Péribonka reliée à la modernisation des usines a déjà été complétée par le locataire des forces hydrauliques.

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