Gestion du lac Kénogami : Paul Bégin refuse tout changement


le mardi 23 juin 1998

Gestion du lac Kénogami

Paul Bégin refuse tout changement

Lac-Kenogami – Le ministre de l’Environnement et de la Faune du Québec, Paul Bégin, refuse de modifier le mode de gestion du lac-réservoir Kénogami, ce qui implique le mode de gestion transitoire implanté en 1997. Dans une lettre adressée au ministre Bégin le 27 mai dernier, le Comité provisoire du lac-réservoir Kénogami et des rivières Chicoutimi et aux Sables proposait au ministre l’application d’un nouveau scénario de gestion. Ce scénario avait reçu l’aval de tous les membres du comité, incluant les entreprises produisant de l’électricité sur ce bassin (Elkem métal et Abitibi-Consolidated).

Le principe de base du scénario proposé au ministre faisait en sorte de diminuer les évacuations à 42,5 mètres-cubes-seconde sur les rivières Chicoutimi et aux Sables dès que le niveau du lac-réservoir a atteint la cote maximale de 113,5 pieds, c’est à dire au palier-niveau 163,7 et non au palier niveau 163,35, tel que prévu dans le plan de gestion transitoire de 1997.

Dans sa réponse, le ministre Bégin indique que la proposition du comité est techniquement applicable. C’est à dire que le débit turbinable soit réduit de 68 mètres-cubes-seconde à 42 mètres-cubes-seconde lorsque les apports sont inférieurs à 68 mètres-cubes-seconde.

«Toutefois, ajoute le ministre, cette proposition soulève des difficultés d’une part parce qu’elle se ferait au détriment des entreprises et de la collectivité si le gouvernement acceptait de défrayer leur manque à gagner et, d’autre part, parce que tous les bénéficiaires ne participeraient pas au financement. L’acceptation d’une telle proposition pourrait être vue comme un précédent à plusieurs autres situations similaires au Québec.»

Le ministre rappelle que le lac-réservoir Kénogami s’est rapidement rétabli à son niveau d’exploitation maximale ces derniers jours. Cette situation incite le ministère à maintenir l’application du plan de gestion estivale transitoire.

Interrogé sur la position du ministre, le président du comité de bassin, Paul Ruel, souhaite une réaction en chaîne des municipalités et autres regroupements du lac Kénogami. Ce dernier considère qu’il est essentiel de chercher d’autres solutions afin d’en arriver au plan de gestion retenu par le comité et qui fait consensus chez les utilisateurs. En ce qui concerne le producteur, Paul Ruel affirme que le gouvernement négocie en ce moment le renouvellement des ententes avec Abitibi-Consolidated. Il serait donc temps, à son avis, de profiter de cette occasion pour fixer des nouvelles règles.

En ce qui concerne Elkem métal, dont les contrats prennent fin en 2006, Paul Ruel ne voit pas pourquoi le gouvernement du Québec ne songerait pas à établir des compensations à partir des redevances que les producteurs privés payent à l’Etat.

«Il ne faudrait tout de même pas attendre en 2006 avant d’en arriver à une gestion qui réponde aux attentes des utilisateurs. Nous devons chercher d’autres solutions puisque celle retenue en ce moment peut avoir des conséquences négatives pour les utilisateurs. On parle toujours des pertes pour les entreprises mais on fait rarement état des pertes pour la communauté lorsque le lac est impraticable», insiste Paul Ruel. Le comité de bassin tiendra une réunion dans les prochaines semaines. La réponse du ministre Bégin sera alors discutée et les dirigeants du comité établiront des nouvelles démarches afin d’obtenir la mise en place de la recommandation formulée au ministre.

 

 

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