Les sinistrés demeurent très amers
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le jeudi 15 juillet 1999
Résidences secondaires
Les sinistrés demeurent très amers
Jonquiere – À quelques jours du troisième anniversaire du déluge de 1996, les dirigeants du comité des résidences secondaires sinistrées restent très amers face à l’attitude des gouvernements provincial et municipaux pour régler les dossiers des sinistrés.
Hier soir, une quarantaine de personnes ont répondu à l’invitation du comité qui tenait une réunion d’information pour faire le point sur les démarches entreprises, celles en cours et celles à venir. Car l’organisme n’a pas l’intention de baisser les bras pour obtenir justice et aussi pour que d’autres éventuelles victimes de catastrophes n’aient pas à vivre la pénible situation qu’ils ont vécue.
Dans un premier temps, l’avocat représentant les sinistrés en amont du lac réservoir Kénogami, Serge R. Simard, a tenu à rassurer les gens à l’effet qu’ils faisaient partie du recours collectif même s’ils ne s’étaient pas inscrits, et ce qu’ils soient propriétaires de résidences principales ou secondaires. Ces derniers font en effet partie des descriptions des groupes visés, ce qui n’est pas le cas des résidants de L’Anse-Saint-Jean par exemple.
Prescription
Me Simard a ajouté que les gens n’avait pas à s’inquiéter du délai de prescription qui vient à échéance le 19 juillet puisque les recours collectifs des résidents des secteurs lac réservoir Kénogami (amont-aval), rivières Chicoutimi et aux Sables ainsi que de La Baie ont déjà été déposés en cours.
Dans le cas du groupe de sinistrés qu’il représente, Me Simard espère être en mesure de débattre en cours dans deux ans. Il a expliqué que l’action a été déposée, que le gouvernement du Québec avait comparu dans le dossier. Me Simard travaille actuellement à la finalisation des expertises et le gouvernement, par la suite, préparera sa défense. Une fois ces étapes franchies, les deux parties pourront comparaître en cour.
Protecteur du citoyen
D’autre part, la porte-parole du comité, Colombe Ellefsen, a fait le point sur les diverses démarches entreprises pour faire en sorte que de futurs sinistrés n’aient pas à vivre des situations pénibles comme celles qu’ils ont vécues et dont les plaies ne semblent pas cicatrisées.
Ainsi, le comité a déposé une plainte auprès du Protecteur du citoyen, Daniel Jacoby, dans laquelle les dirigeants dénoncent «l’exclusion et la discrimination faites par les instances gouvernementales et leurs mandataires,- y compris nos élus municipaux qui siégeaient au sein du comité de la Croix-Rouge-, envers les sinistrés de chalets». Le comité accuse également le gouvernement du Québec d’avoir été malveillant, avoir abusé de ses pouvoirs et de leur confiance (sinistrés). Les sinistrés sont également invités à faire parvenir à la responsable du dossier au bureau du Protecteur du citoyen, Louise Falardeau, un résumé de ce qu’ils ont vécu, des sommes engagées, des traumatismes psychologiques subies, etc, afin de bonifier le dossier. Pour l’instant, il n’est pas question que Daniel Jacoby fasse enquête, précise la porte-parole. Mme Ellefsen souhaite que cette démarche fasse prendre conscience aux gouvernement et aux fonctionnaires, des conséquences de leurs décisions à l’égard des sinistrés de chalets. Elle souhaite que leur mauvaise expérience débouche, dans le futur, sur un dialogue permanent entre les administrateurs et les payeurs de taxes.
«Ce qui nous rend amers, c’est le peu d’écoute des gens qui sont sensés administrer nos sous, qui viennent nous chercher impôts et taxes sans jamais nous donner de comptes-rendus», explique-t-elle, ajoutant que des événements majeurs comme le déluge ne semblent pas les avoir pas sensibilisés davantage.
Demande à Ottawa
Le comité a également fait parvenir une demande au gouvernement fédéral afin qu’il modifie le processus actuel d’attribution de l’aide financière dans les cas de catastrophes. «Nous souhaitons qu’à l’avenir, le fédéral confie ces sommes à un comité composé de représentants fédéraux et provinciaux ainsi que de sinistrés au lieu de les confier à un gouvernement provincial qui agit à la fois comme juge et partie.»
Enfin, le comité garde également une dent contre la Croix-Rouge qui n’a pas fourni l’aide escomptée pour aider les sinistrés de chalets à se reconstruire.
Parmi les autres ponts qui ont été abordés au cours de la réunion, signalons la gestion et le niveau du lac réservoir Kénogami qui ne satisfont toujours pas les riverains, la perte de valeurs des résidences qui se retrouvent dans une zone inondable, et à l’opposé une hausse des taxes municipales. Dans ce dernier cas, le comité a l’intention de demander une diminution des taxes municipales dans les municipalités concernées puisqu’il n’y a pas d’eau dans le lac. Il a également été question des barrages sur les rivières aux Écorces et Pikauba pour tenter de savoir où en étaient rendues les études dans ce projet.