Trois bonnes nouvelles, ou presque sous un ciel gris…
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le samedi 10 juin 2000
Trois bonnes nouvelles, ou presque sous un ciel gris…
Trois bonnes nouvelles apportent, cette semaine, une compensation fort bienvenue à ce climat d’automne que nous subissons depuis trop de jours.
La plus rassurante s’est d’abord profilée en rumeur inquiétante. Le gouvernement, prétendait un mauvais augure, aurait choisi la solution facile du gardien en permanence, près du barrage, pour régulariser le débit du lac Kénogami tout en rassurant les milliers de riverains des rivières aux Sables et Chicoutimi.
Le premier ministre Lucien Bouchard et son titulaire des Ressources naturelles, Jacques Brassard, « annonceront, précise le communiqué de presse, la décision du gouvernement concernant les infrastructures visant à régulariser les crues des eaux du lacKénogami ». Il s’agirait, comme l’a expliqué le confrère Louis Tremblay dans Le Quotidien de jeudi, d’ouvrages de retenue destinés à domestiquer les rivières Pikauba et des Écorces dont les cours gonflés par la fonte printanière menacent, chaque année, de forcer la capacité du bassin aménagé avec le lac Kénogami pour baigner une multitude de propriétés à Jonquière, Laterrière et Chicoutimi avant de se perdre dans le Saguenay.
Très présents aux premières heures du Déluge de juillet 1996 et durant les mois de la reconstruction, les députés de Jonquière et de Lac-Saint-Jean ont cherché les moyens de prévenir une telle catastrophe. On constate maintenant que toutes les études confiées à des spécialistes, notamment dans le cadre de l’enquête menée par la Commission Nicolet, n’étaient pas des faux-fuyants ou une stratégie pour remettre les solutions permanentes aux calendes grecques.
Il fut question, au départ, d’ériger deux ou trois barrages pour contrôler le déversement des eaux de la Réserve faunique des Laurentides. L’insertion d’une centrale hydroélectrique devait servir à l’auto-financement du complexe. Mais comme la quantité d’énergie produite ne suffirait pas à assurer la rentabilité, le gouvernement ferait défrayer la sécurité des riverains menacés par le trésor public. Le président Paul Ruel et son comité de gestion du lac Kénogami pousseront sans doute un immense soupir de soulagement à l’annonce officielle, demain matin.
La nouvelle économie s’installe enfin!
Le Vice-Premier ministre Bernard Landry aime bien signaler qu’il connaît aussi bien le Saguenay-Lac-Saint-Jean qu’un Bleuet pure laine. Il sillonne la région depuis les premières heures de René Lévesque et de sa souveraineté-association. Il était donc impatient de venir visiter les locaux du Carrefour de la nouvelle économie (CNE) aménagés au Pavillon Sagamie, l’édifice qui logeait le rectorat et quelques départements de l’UQAC avant la construction du pavillon des Humanités.
Il s’est rendu ensuite à l’Auberge des Battures, à La Baie, pour confirmer à la centaine de partisans et leaders du milieu réunis dans le cadre d’un cocktail-bénéfice du Parti québécois, l’implantation d’un CNE à La Baie. Le premier a pris forme à Jonquière et le gouvernement prévoit en placer deux autres à Alma et à Roberval.
C’est un début modeste mais prometteur. La nouvelle économie a d’abord revigoré le Vieux-Montréal avec sa Cité du Multimédia et enrichi la ville de Québec avant de germer timidement dans les régions. La nouvelle économie issue de l’informatique élimine l’obstacle des distances si préjudiciable au développement des régions ressources. Elle devrait donc s’épanouir rapidement ici puisque Bernard Landry, le ministre responsable du programme qui autorise des subventions de 15 000 $ par emploi annuellement jusqu’en 2010, est disposé à augmenter l’espace accordé à la région pour loger les entreprises du multimédia. Le légendaire dynamisme régional, s’il n’est pas un mythe, peut donc se manifester dans le vaste champ des hautes technologies.
La troisième bonne nouvelle devait provenir des Saguenéens. Elle tarde à se concrétiser… Espérons que la séance de repêchage, aujourd’hui à Shawinigan, marquera enfin la réconciliation de l’équipe régionale avec les autorités de la ligue et les partisans.